BPU, DPGF, DQE, DE : quelle différence ?
Le code de la commande publique (article R2112-6) distingue deux formes de prix. Les prix unitaires s'appliquent aux quantités réellement exécutées. Les prix forfaitaires s'appliquent quelles que soient les quantités. Chaque bordereau correspond à l'une de ces logiques.
| Pièce | Ce que c'est | Quand on la trouve | Rôle |
|---|---|---|---|
| BPU (bordereau des prix unitaires) | Liste de prestations avec un prix par unité (heure, m², passage, repas) | Marchés à prix unitaires, accords-cadres à bons de commande | Contractuel : sert à facturer chaque commande |
| DQE (détail quantitatif estimatif) | Les prix du BPU multipliés par des quantités estimées par l'acheteur | Avec un BPU | En principe non contractuel : sert à comparer les offres |
| DE (détail estimatif) | Même principe que le DQE, nom employé surtout en travaux | Avec un BPU | Sert au jugement des prix |
| DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) | Le détail d'un prix forfaitaire, poste par poste | Marchés à prix global, surtout en travaux | Explique le forfait ; sa valeur contractuelle dépend du CCAP |
Un même marché peut combiner plusieurs pièces. Par exemple, une DPGF pour l'entretien régulier et un BPU pour les interventions ponctuelles.
Comment remplir un BPU ?
- Ouvrez le fichier de l'acheteur dans le logiciel prévu (Excel, souvent). Travaillez sur une copie et gardez l'original.
- Saisissez un prix dans chaque cellule prévue, au format demandé (HT, nombre de décimales).
- Calculez chaque prix à partir de vos coûts réels : temps passé, salaires conventionnels, fournitures, déplacements, frais généraux et marge.
- Ne laissez aucune cellule vide. Si une prestation ne vous concerne pas, posez la question à l'acheteur plutôt que de mettre 0.
- Vérifiez les unités : un prix à l'heure saisi comme un prix au mois change tout.
Comment remplir une DPGF ?
La DPGF détaille votre prix forfaitaire. Les quantités y sont souvent indicatives. Selon le marché, vous devez les vérifier, ou au contraire ne pas y toucher. Le CCAP ou le RC le précise.
- Si le RC impose de vérifier les quantités, faites-le : une erreur restera à votre charge, car le prix est forfaitaire.
- Si les quantités sont imposées, ne les modifiez pas. Signalez une erreur par une question écrite.
- Chiffrez chaque poste. Une prestation décrite dans le mémoire mais absente de la DPGF n'est pas réputée chiffrée.
Pourquoi ne jamais modifier la trame ?
Une offre qui ne respecte pas les exigences des documents de la consultation est irrégulière (article L2152-2 du code). Dans un appel d'offres, elle est éliminée, sauf si l'acheteur décide d'autoriser une régularisation. Ajouter une colonne, supprimer une ligne ou changer une quantité imposée peut suffire.
Concrètement :
- ne renommez pas les onglets et ne déplacez pas les cellules ;
- ne remplacez pas les formules de l'acheteur par des valeurs ;
- ne convertissez pas le fichier dans un autre format, sauf si le RC le demande ;
- ne corrigez pas une erreur de l'acheteur vous-même : signalez-la.
Cette logique se retrouve dans l'annexe financière standardisée publiée par l'Observatoire économique de la commande publique en octobre 2025 : les échanges sont plus fluides quand ni l'acheteur ni le candidat ne modifient le format du fichier.
Ce que nous voyons dans les DCE
Les tableurs de prix sont la pièce la plus souvent fausse des DCE que nous lisons. Sur une série de 8 DCE, les 8 tableurs financiers étaient faux ou piégés. Sur une autre série, 8 sur 11. Exemples relevés :
- un total qui oublie une section entière ;
- une colonne de quantités vide qui met tout le DQE à 0 ;
- des lignes sans cellule de prix ;
- une TVA saisie « 20 » au lieu de « 20 % » ;
- des lignes du DQE non reliées au BPU ;
- une formule qui élève le prix au carré, ou un « × 12 » manquant pour annualiser.
Nous avons aussi vu des prestations exigées par le CCTP sans aucune ligne de prix. Dans ces cas, nous posons la question avant la date limite, et nous chiffrons sur la trame sans la corriger.
Le piège du DQE masqué
Parfois, l'acheteur note le prix sur un DQE qu'il ne publie pas, ou sur une « commande simulée ». Vous ne voyez que le BPU. La jurisprudence admet cette méthode, et l'acheteur n'est pas toujours tenu de l'annoncer.
Conséquence : chaque prix unitaire peut compter dans la note. Un prix gonflé sur une ligne « que personne ne commande » peut vous coûter cher si cette ligne pèse lourd dans le DQE caché. Demandez les quantités estimées par écrit. À défaut, reconstituez-les à partir des fréquences du CCTP.
Les lignes hors DQE
Certaines lignes du BPU ne figurent pas dans le DQE. Elles ne comptent pas dans la note, mais elles sont contractuelles : vous devrez exécuter ces prestations au prix indiqué. Chiffrez-les à leur coût réel, jamais à un prix symbolique.
Vérifier la cohérence avant de déposer
- Le total du DQE ou de la DPGF est identique au montant de l'acte d'engagement. Voir remplir l'acte d'engagement.
- Les prix du BPU sont bien ceux repris dans le DQE.
- Les moyens chiffrés (heures, effectifs, matériel) correspondent au mémoire technique.
- Le montant total reste sous le maximum de l'accord-cadre, s'il y en a un.
- Recalculez à la main une ou deux lignes pour contrôler les formules.
Pour savoir comment le prix sera transformé en note, lisez critères d'attribution et notation et les formules de notation du prix.
Tendolio peut remplir le BPU, la DPGF ou le DQE directement dans le fichier Excel de l'acheteur, sans toucher à la trame, à partir de vos coûts.